Partez-en 2
L'introduction du prefixe pseudo
a une bonne justification: bien qu'on soit en face d'un procédé
vraiment synthétique (et non seulement formel ou d'articulations
externes), il n'aboutit pas à une complète et définitive
totalisation. Au contraire, les deux synthèses susdites ont un caractère
à peine partial, le résultat demeurant, de façon concomittante,
fermé et ouvert, radicalement incomplet, enfin: désirable.
Ainsi, nous le savons bien, le masculin et le féminin sont logique
et existentiellement.
La pseudo-synthèse masculine
- en partant de I, niée par D/2, et les deux, niées
à nouveau, ayant comme résultat l'une des manières
de réaliser I/D/2 - représente le côté
superficiel
des procédés quinquinitaires. C'est la réalisation
logique comme progrès, comme transcendence permanente (I) des systèmes
scientifiques-bureaucratiques (D/2). Par contraste avec elle,
la pseudo-synthèse féminine - en partant de I/D, niée
par D, et les deux ensemble niées à nouveau - vient constituer
le côté profond de la réalisation des procédés
quinquinitaires, comme veritable historique-dialectique (I/D) des cultures
ou des mentalités (D). Cela vaut pour tous les procédés
irréductiblement humains, dont nous pouvions donner en example celui
de la discoursivité. Dans le jargon lacanien, le côté
superficiel masculin serait représenté par ce qui apparaît:
le sujet de l'énonciation (I) et le dit (D/2)
; en contraposition, nous aurions un côté féminin profond,
représenté par l'inter-dit (D) et où l'abrupte
interruption du dit vient constituer le non-dit (I/D). Le discours,
dans sa globalité, serait alors représenté par la
synthèse I/D/2. Alors, Lacan a pu audacieusement affirmer
que masculin et féminin sont les deux modes d'insertion subjective
dans le discours. [4]
L'existence des deux réalisations
complémentaires et pas tout à fait totalisées de I/D/2,
nous oblige à conclure que la logique I/D/2 est effectivement
la logique synthèse de I, D, I/D, D/2 - nommées
logique
de base (base de la pyramide représentative de I/D/2)
- quoique sa complète realisation doive impérativement faire
intervenir les deux pseudo-synthèses déjà citées.
Mais attention: on ne doit pas conclure
trop vite que la réalisation de ce qui est envisagé par la
dialectique quinquinitaire implique seulement la co-présence d'une
paire
d'êtres; ce serait réduire la paire humaine masculin/féminin
à la paire animale mâle/femelle. La réalisation propre
à la logique I/D/2 a lieu au minimum en trois,
parce que trois est le nombre de ses valeurs propres, comme
il a été exposé dans les Noções elementares
de lógica - tomo I [5]
et si nous voulions insister sur une interprétation strictement
sexuelle de la question, il serait encore nécessaire de supposer
un troisième (puisque c'est d'essence dans cette logique de n'exclure
que le quatrième). Ce peut être alors la rival, le
concurrent, l'omis, le défendu, l'espéré, le remplacé,
ou même un ou l'autre doublé au miroir, peu importe.
À ce point, il n'est plus précipité
de conclure à la plus grande complexité de la dialectique
quinquinitaire par rapport à la dialectique trinitaire, en se fondant
sur ce qui nous a été donné à voir jusqu'ici,
où nous soulignons:
a) l'impossibilité
de poursuivre machinalment dans le sens constructif en allant de la synthèse
dialectique à la synthèse contre-dialectique;
b) l'obligation de laisser
la bi-dimensionalité au profit de la tri-dimensionalité afin
de rendre compte de la représentation figurative convenable de I/D/2;
c) la nécessaire
intervention médiatrice des pseudo-synthèses masculine et
féminine pour la pleine réalisation de I/D/2.
Il faut remarquer aussi qu'il ne s'agit
pas d'une plus grande complexité spatiale en terme de nombre
d'éléments et de relations structurales, mais de quelque
chose de plus grande importance, que nous pourrions nommer complexité
temporelle ou du procédé; tandis que le procédé
dialectique trinitaire est continnuellement ascendant, le procédé
dialectique quinquinitaire ne l'est que globalement, en admettant des rétrogradations
éventuelles et partielles. Cependant, rien de cela ne peut interrompre
sa vigueur ascensionnelle, sa secrète destination, car elle est
la logique qui gouverne le procès de réalisation de l'être
humain à la quête de la plénitude!
Une autre manière d'envisager
la relation entre les dialectiques trinitaire et quinquinitaire, que nous
cherchons d'illustrer à la partie III de la figure d. Dans
celle-ci, qui représente la dialectique quinquinitaire dans sa globalité,
on peut apercevoir une sous-structure que nous identifions immédiatement
avec celle de la logique dialectique trinitaire: I, D, I/D. La dialectique
quinquinitaire peut maintenant être conçue comme une synthèse
dialectique-trinitaire de la logique transcendentale, ou de l'identité
(I) occupant l'exacte position identitaire I, avec la logique dialectique
(I/D), en occupant la position différentielle D opposée à
la position I; la négation des deux tendrait à faire occupé
alors la position I/D par sa synthèse (I/D/2). Ce serait
concevoir les logiques I, I/D et I/D/2 comme formatrices d'une
famille - la famille des logiques de l'identité, ou ce qui est le
même, des dialectiques généralisées - où
I pourrait à être considérée comme le degré
zéro de la dialecticité (I/D/0 = I/I = I).
Figure d - Hyper-dialectique, dialectique
de dialectiques

À ce propos, il est intéressant
de rappeler que les logiques I, I/D et I/D/2 constituent la
séquence des structures onto-logiques, respectivement, phenoménique,
objective et subjective [6],
dans laquelle on observe l'être-objectif négativement positionné
par rapport à l'être-phenoménique, mais, avec ce dernier,
rélevés par l'être subjectif. Tout cela, selon nous,
vient seulement renforcer notre interprétation que I/D/2
résulte aussi d'une synthèse dialectique où la structure
dialectique traditionnelle I/D fonctionne comme moment négatif ou
différentiel. N'est-ce pas exactement cela que réclament
les philosophes dialectiques, en particulier les marxistes, quand ils revendiquent
pour leur logique le caractère objectif (pas subjectif) et matérialiste
(pas idéaliste)?!
En un mot, la logique quinquinitaire
I/D/2 apparaît comme une synthèse dialectique de
la logique de l'identité I et de la propre logique dialectique I/D,
de là le choix du terme hyper-dialectique pour la nommer
aussi - hyper-dialectique comme dialectique de la dialectique, ou dialectique
des dialectiques généralisées.
Nous trouvons un exemple assez expressif
de cette interprétation de la logique quinquinitaire comme hyper-dialectique
dans l'histoire de la culture. Sans exception, on considère la culture
chrétienne-trinitaire, donc I/D - comme une synthèse dialectique
de la culture monotéiste juive (I) et de la culture païenne
gréco-romaine (D); les faits historiques qui se dévoilent
progressivement ne font que le confirmer.
Il y a une conception de l'histoire,
solidaire avec la culture juive, que nous appellerons histoire unaire,
histoire comme destination, par rapport à laquelle l'attitude collective
et individuelle ne peut être que la foi. En opposition,
nous avons le christianisme (évidemment pas celui de la curie, mais
l'originaire) compromis avec une conception que nous nommerons histoire
trinitaire, histoire comme "péripétie" par rapport
à laquelle l'attitude authentique est l'engagement extatique.
C'est aussi la conception marxiste, héritée de l'hégélianisme,
remplaçant l'engagement idéal ou spirituel par un engagement
matériel ou politique. De tout cela on peut entrevoir une nouvelle
conception de l'histoire, l'hyper-dialectique, comme synthèse dialectique
des deux conceptions antérieures; une histoire qui nie la foi pure,
mais la conserve, nie l'engagement aveugle, mais aussi le préserve;
pourtant, les deux sont sollicités comme des attitudes authentiques
relativement à quelque chose qui est, à la fois, histoire
de destination et histoire de "péripéties", enfin histoire
quinquinitaire.
À cet égard c'est
exactement là la conception de l'histoire dont nous avons besoin
pour indiquer une issue pour la culture moderne (D/2) qui, s'apercevant
déjà en son déclin, s'auto-proclame, effrontée,
as propre postmodernité et au même temps la station finale
de l'histoire. Il y a bien une issue, mais elle n'est pas sur le plan,
ni à gauche, ni à droite, mais "au-dessus", dans l'espace,
augurant une nouvelle culture de niveau logique I/D/2.
C'est maintenant le moment de retourner
à la question de la prohibition de l'extension du procédé
simplement dialectique au-delà du cycle contre-dialectique, ou bien
d'un hypothètique troisième cycle dialectique I/D, D/2,
I/D/2. Nous avons déjà dit que telle synthèse
ne nous emménerait pas à la logique I/D/2, mais
à une logique trans-humaine I/D/3, puisque (I/D)/(D/2)=
=I/D/3. (voir la figure e)
Malgré l'interdiction, il y
a bien sûr ceux qui veulent l'enfreindre, même inconsciemment.
qui sont-ils ?
Il n'est pas difficile d'identifier
ces transgresseurs logico-délirants. Nous savons que la modernité
- nous avons préféré cet intitulé à
celui de societé capitaliste - se caractérise, à la
superficie, par l'assomption et l'absolutisation de la logique de la double
différence (D/2) - logique du raisonnement formel, de
la scientificité, de l'organisation bureaucratique, de le calcul
du monde - ayant comme complément le sujet "intervallaire", sujet
identitaire (I) - cogito, sujet libéral, sujet de la "libre initiative".
Dans la formule absolument compacte de Richard Morse: science (D/2)
et
conscience (I) [7].
Figure e - La dialectique delirante

Or, l'une des "possibilités"
de réaction à cette modernité paradigmatique n'est
jamais de nier la science, ce qui serait échapper au principe de
réalité, mais d'en laisser saillir le principe de plaisir,
en proposant le remplacement du sujet de la science et par surcroît,
en renversant la direction de subordination. L'une de ces "possibilités"
de le faire serait de remplacer le sujet libéral, individualiste
(I), par le sujet collectif ou l'esprit communautaire, c'est-à-dire
par un sujet (I/D); et en plus, de manière illusoire, en faisant
en sorte qu'il cesse d'être tributaire ou intervallaire de D/2,
pour se situer d'une forme dominante. D'une certaine manière, cela
revient à oublier la spécificité de D/2,
sa non-réductibilité à D, et, par conséquent,
sa supériorité logico-hiérarchique par rapport à
cette dernière!
Les premiers disposés à
la transgression ont été les jésuites, tolérés
par la Hiérarchie, naturellement, car soldats de la ligne d'attaque
contre-réformiste. Après eux, sont venus les marxistes armés
de leur socialisme (I/D) scientifique (D/2), qui, comme déjà
vu, ne les emmène pas à l'homme parfait, mais, comme toujours,
à des anges et à des démons, c'est-à-dire,
au royame de I/D/3. Si nous faisons attention au fait que la
sexualité humaine se définit précisément par
les diagonales de la pyramide I/D/2 - (I, D/2) pour
le masculin et (D, I/D) pour le féminin - il est évident
que la synthèse I/D/3 à partir de la paire (I/D,
D/2), en plus d'être exorbitante, est sexuellement délirante.
Ce qui est donné comme sexualité prétendument de hiérarchie
supérieure, ne peut s'affirmer que comme refoulement de la sexualité
prosaïquement humaine, tel qu'elle insiste à s'affirmer face
à la sexualité simplement animale. Aujourd'hui, aprè
Freud et Lacan, celle-ci ne peut pas être plus claire. Dieu, où
en sommes-nous?!
Poursuivons un peu plus. La paire (I/D,
D/2), l'un des modes sexuels de I/D/3 n'est pas la
seule: elle s'interpose parmi d'autres modes possibles. Ce sont, naturellement
(I, D/3) et (I/D/2, D) qui, avec elle, forment la
totalité des "sexes des anges", comme on le constate facilement
à la figure f.
Figure f - La sexualité au niveau I/D/3


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